Versos French Albert Glatigny Chanson (Les Flèches d’or)

French poem

Chanson (Les Flèches d’or)

by (1839–1873)

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Un soir tendre et mélancolique Que nous serons seuls entre nous, Seuls, ô mon aimée Angélique ! Je veux m’asseoir a vos genoux.

Mais lien avant dans la soirée, Quand, du ciel devenu trop noir La lune sera retirée, Sans une étoile pour nous voir.

La flamme dansera dans l’âtre, Folle et gaie, et nous baisserons L’abat-jour au reflet bleuâtre Juste à la hauteur de nos fronts.

Au dehors le vent et la grêle Tambourineront sur les toits, Et, le long de la vitre frêle L’eau brisera ses filets froids.

Vous serez chaudement assise ; Votre corps se pelotonnant Dans une attitude indécise Auprès du foyer rayonnant.

Je me coucherai sur la laine Du tapis par vos pieds foulé, Et je retiendrai mon haleine Pour que nul pli ne soit troublé

Dans les plis divins de la soie Qui baise votre sein charmant, Puis je mettrai toute ma joie À vous regarder longuement.

Et, comme une lente marée Sous la lune au feu clair et doux, Du fond de mon âme éclairée, Mon amour montera vers vous.