French poem
Les Jouets
by Albert Glatigny (1839–1873)
Pour l’avoir rencontrée un matin, je l’aimai, Au temps où tout nous dit les gaîtés naturelles, Quand les arbres sont verts, lorsque les tourterelles Gémissent de tendresse au clair soleil de mai.
Nos âmes échangeaient de longs baisers entre elles, Tout riait près de nous, et, dans l’air parfumé, On entendait des bruits d’amoureuses querelles. Mon cœur, alors ouvert, depuis s’est refermé.
Et ne me demandez jamais pour quelle cause Vers un autre côté la fille svelte et rose A détourné ses yeux doux comme les bluets ;
Car, pour ne pas laisser leurs mains inoccupées, Les enfants, sans pitié, brisent leurs vieux jouets Et retirent le son du ventre des poupées !