Versos French Alexandre Cosnard La Retraite

French poem

La Retraite

by (1802–1880)

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Sur la place Vendôme, un soir de paix profonde, J’entendis de tambours un roulement si grand, Que, tout à coup, moi-même à l’unisson vibrant, Je crus que l’on partait pour conquérir le monde !

Lancée aux quatre vents, la fanfare qui gronde M’emmène avec un bruit déjà moins enivrant. Nous marchons ; mais bientôt, de mon orchestre errant, Chaque instrument s’éloigne & se perd à la ronde.

Longtemps j’en suivis dix, & cinq, & deux, puis un… Dans la nuit taciturne, il eut le sort commun, Et je m’en revins seul, l’âme sombre & distraite.

Maintenant je me dis, songeant à ces tambours Mêlés dans ma pensée à d’autres échos sourds : « Ainsi mes rêves d’or ont sonné la retraite ! »