French poem
À Mademoiselle Adèle
by Alexandre Latil (1814–1851)
Ô fille du printemps, douce et touchante image D’un cœur modeste et vertueux, Du sein de ce gazon tu remplis ce bocage De ton parfum délicieux. (Mme d’Hautpoul)
On dit que la charmante Adèle Possède grâces et douceur. Que l’on serait heureux près d’elle, Si l’on pouvait toucher son cœur !
Mais pour parvenir à lui plaire, Il faut égaler ses vertus ; Et tous mes soins seraient perdus, Si j’entreprenais de le faire.
De la rose qui vient d’éclore Elle a l’éclat et la fraîcheur ; Mais plus simple, elle joint encore La modestie à la candeur. Je sais que ma muse légère Est peu digne de ses appas, Et les chanter ne pourrait pas, Quand elle essaîrait de le faire.
Si quelquefois la perfidie Se pare d’attraits séduisants, Je le dirai, sans flatterie, Adèle ignore ces instants.
Ah ! pardonnez au téméraire Qui vient de tracer ce portrait : Un Béranger seul le pourrait, S’il entreprenait de le faire.
(1836.)