French poem
Venite Adoremus
by Alfred Busquet (1819–1883)
Venez adorer le Sauveur ! Un enfant sourit dans ses langes, Celui que serviront les anges Gît dans l’étable, humble et rêveur.
Tuez-moi cet enfant ; j’ai des rêves étranges !
C’est Christ annoncé tant de fois Par David et par les Prophètes ! Pour de pacifiques conquêtes Il est venu, le roi des rois !
Le Christ doit apparaître au milieu des tempêtes !
Il vivra pauvre et dédaigné Parmi tous les pauvres, ses frères, Il partagera leurs misères, Humble de cœur et résigné.
L’envie et la paresse enfantent des chimères !
Il sera chaste de son corps, Pardonnant aux femmes coupables, Il n’aura que des yeux affables Pour les tardifs et vrais remords.
Ah ! nous les connaissons, ces âmes charitables !
Suivant les lois de son pays, À César il rendra l’hommage, Les mains pures de tout dommage, Le front souriant et soumis.
Avez-vous préparé le Calvaire à ce sage !
À ses ennemis triomphants, Il dira comme à ses apôtres : « Secourez-vous les uns les autres. » Aimez-vous tous, ô mes enfants ! »
La paix !… De par la mort ! qui nourrira les nôtres ?
Aux bourreaux, aux flagellateurs, Il sourira, douce victime ; Il dira sur la croix sublime : « Ô ! mon père, pardonnez-leur ! »
Je m’en vais au Sénat toucher le prix du crime.