Versos French Alphonse de Lamartine 16

French poem

16

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Allons, enfants de la patrie, Le jour de gloire est arrivé ; Contre nous de la tyrannie L’étendard sanglant est levé. Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras Égorger vos fils, vos compagnes !… Aux armes, citoyens ! formez vos bataillons ! Marchons ! qu’un sang impur abreuve nos sillons !

Que veut cette horde d’esclaves, De traîtres, de rois conjurés ? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fers dès longtemps préparés ? Français, pour nous, ah ! quel outrage ! Quels transports il doit exciter ! C’est nous qu’on ose méditer De rendre à l’antique esclavage !… Aux armes, citoyens ! formez vos bataillons ! Marchons ! qu’un sang impur abreuve nos sillons !

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Amour sacré de la patrie, Conduis, soutiens nos bras vengeurs. Liberté, liberté chérie, Combats avec tes défenseurs ! Sous nos drapeaux que la victoire Accoure à tes mâles accents ; Que tes ennemis expirants Voient ton triomphe et notre gloire ! Aux armes, citoyens ! formez vos bataillons ! Marchons ! qu’un sang impur abreuve nos sillons !

Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n’y seront plus ; Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus ! Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil, Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre !… Aux armes, citoyens ! formez vos bataillons ! Marchons ! qu’un sang impur abreuve nos sillons !