French poem
Amitié de femme
Amitié, doux repos de l’âme, Crépuscule charmant des cœurs. Pourquoi, dans les yeux d’une femme, As-tu de plus tendres langueurs ?
Ta nature est pourtant la même ; Dans le cœur dont elle a fait don Ce n’est plus la femme qu’on aime, Et l’amour a perdu son nom.
Mais comme en une pure glace Le rayon se colore mieux, Le sentiment qui le remplace Est plus visible en deux beaux yeux.
Dans un timbre argentin de femme Il a de plus tendres accents : La chaste volupté de l’âme Devient presque un plaisir des sens.
De l’homme la mâle tendresse Est le soutien d’un bras nerveux ; Mais la vôtre est une caresse Qui frissonne dans les cheveux.
Oh ! laissez-moi, vous que j’adore Des noms les plus doux tour à tour, O femmes ! me tromper encore Aux ressemblances de l’amour !
Douce ou grave, tendre ou sévère, L’amitié fut mon premier bien ! Quelque soit la main qui me serre, C’est un cœur qui répond au mien.
Non, jamais ma main ne repousse Ce symbole d’un sentiment ; Mais lorsque la main est plus douce, Je la serre plus tendrement.