French poem
Le Chêne
Un gland tombe de l’arbre et roule sur la terre ; L’aigle à la serre vide, en quittant les vallons, S’en saisit en jouant et l’emporte à son aire, Pour aiguiser le bec à ses jeunes aiglons ;
Bientôt du nid désert qu’emporte la tempête Il roule confondu dans les débris mouvants, Et sur la roche nue un grain de sable arrête Celui qui doit un jour rompre l’aile des vents.
La poudre des sillons, qui pour lui n’est qu’un jeu, Et sur le germe éteint où couve encor la séve
La vie ! À ce seul mot, tout œil, toute pensée, S’inclinent confondus et n’osent pénétrer ; Au seuil de l’Infini c’est la borne placée, Où la sage ignorance et l’audace insensée
Et moi, je dis : Seigneur, c’est toi seul, c’est ta force,
Le ver trouve ton nom gravé sous son écorce, Et mon œil, dans sa masse et son éternité !