French poem
La Mort de Rouget de l’Isle
by Amable Tastu (1795–1885)
Elle nous a quittés cette âme noble et tendre D’où jaillirent un jour de si mâles accens, Accens connus de tous, que tous savaient comprendre Et que portaient aux rois des échos menaçans. Quand donc, un jour d’été, notre France endormie S’éveilla tout à coup fière et libre, ses fils Lui redirent ces chants de leurs pères appris. À leurs voix s’unissait plus d’une voix amie, De ces jours orageux conjurant les périls : Où sont-elles ces voix ? Ces amis où sont-ils ? Ils laissent, oublieux, tes dépouilles mortelles, Cheminer au tombeau dans cet humble appareil ! Des acteurs de Juillet deux seuls te sont fidèles : Le peuple et le soleil.