Versos French André Chénier Le Berger

French poem

Le Berger

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Sans doute qu'à tes yeux elles montrent leurs pas; Moi, j'ai des yeux d'esclave, et je ne les vois pas. Je n'y vois qu'un sol dur, laborieux, servile, Que j'ai, non pas pour moi, contraint d'être fertile; Où, sous un ciel brûlant, je moissonne le grain Qui va nourrir un autre, et me laisse ma faim. Voilà quelle est la terre. Elle n'est point ma mère, Elle est pour moi marâtre; et la nature entière Est plus nue à mes yeux, plus horrible à mon coeur Que ce vallon de mort qui te fait tant d'horreur.