Versos French André Chénier Ode VI (Non, de tous les amans les…)

French poem

Ode VI (Non, de tous les amans les…)

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Non, de tous les amans les regards, les soupirs Ne sont point des piéges perfides. Non, à tromper des cœurs délicats et timides, Tous ne mettent point leurs plaisirs. Toujours la feinte mensongère Ne farde point de pleurs, vains enfans des désirs, Une insidieuse prière.

Non, avec votre image, artifice et détour Fanny, n’habitent point une ame : Des yeux pleins de vos traits, sont à vous. Nulle femme Ne leur paraît digne d’amour. Ah ! la pâle fleur de Clytie Ne voit au ciel qu’un astre ; et l’absence du jour Flétrit sa tête appesantie.

Des lèvres d’une belle un seul mot échappé, Blesse d’une trace profonde le cœur d’un malheureux qui ne voit qu’elle au monde. Son cœur pleure en secret frappé, Quand sa bouche feint de sourire. Il fuit ; et jusqu’au jour de son trouble occupé, Absente, il ose au moins lui dire :

« Fanny, belle adorée aux yeux doux et sereins, » Heureux qui n’ayant d’autre envie » Que de vous voir, vous plaire et vous donner sa vie, » Oublié de tous les humains, » Près d’aller rejoindre ses pères, » Vous dira, vous pressant de ses mourantes mains : » Crois-tu qu’il soit des cœurs sincères ? »