Versos French André Lemoyne Printemps

French poem

Printemps

by (1822–1907)

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Les amoureux ne vont pas loin : On perd du temps aux longs voyages. Les bords de l’Yvette ou du Loing Pour eux ont de frais paysages.

Ils marchent à pas cadencés Dont le cœur règle l’harmonie, Et vont l’un à l’autre enlacés En suivant leur route bénie.

Ils savent de petits sentiers Où les fleurs de mai sont écloses ; Quand ils passent, les églantiers, S’effeuillant, font pleuvoir des roses.

Ormes, frênes & châtaigniers, Taillis & grands fûts, tout verdoie, Berçant les amours printaniers Des nids où les cœurs sont en joie :

Ramiers au fond des bois perdus, Bouvreuils des aubépines blanches, Loriots jaunes suspendus À la fourche des hautes branches.

Le trille ému, les sons flûtés, Croisent les soupirs d’amoureuses : Tous les arbres sont enchantés Par les heureux & les heureuses.