French poem
Ivresse douce
by Armand Renaud (1836–1895)
Échanson, couronne mon verre De fleurs aux aromes divers. Boire en silence est trop sévère ; Prends ta lyre et dis-moi des vers.
Vertige et cadence ! J’adore Les parfums dans la coupe d’or. Lorsque résonne ta mandore, Un rêve plus moelleux m’endort.
En ce monde tout est futile, Quoi que l’on dise de subtil, Hors la coupe d’or qui scintille, Le tendre accord, le frais pistil.
Verse tout cela sans mesure, Que de m’enivrer je sois sûr, Et qu’au moins, par une embrasure, Mon âme monte vers l’azur.