Versos French Armand Silvestre Chanson d’hiver

French poem

Chanson d’hiver

by (1837–1901)

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Dans la forêt que l’hiver navre J’allais silencieux et seul ; La terre était comme un cadavre Où la neige jette un linceul.

Les dernières feuilles froissées Couraient sur le sol sans gazons Et, sur le deuil de mes pensées. Planait le deuil des horizons.

Les grands arbres jaunes de mousse Pleuraient sur les lis défleuris. La pitié des choses est douce À ceux que l’amour a meurtris.

Mon cœur est le bois morne et sombre Dont le vent broya les sommets ; C’est le mort aux yeux noyés d’ombre Qu’un voile recouvre à jamais.

Ah ! sous les larmes des vieux chênes, Je voudrais dormir à côté, Et, par les floraisons prochaines, Sentir mon cœur ressuscité !