French poem
La Fée aux chansons
by Armand Silvestre (1837–1901)
Il était une fée, D’herbes folles coiffée, Qui courait les buissons, Sans s’y laisser surprendre, En Avril, pour apprendre Aux oiseaux leurs chansons.
Lorsque geais et linottes Faisaient de fausses notes, En récitant leurs chants, La fée, avec constance, Gourmandait d’importance Ces élèves méchants.
Sa petite main nue, D’un brin d’herbe menue Cueilli dans les halliers, Pour stimuler leur zèle, Fouettait sur leurs ailes Ces mauvais écoliers.
Par un matin d’automne, Elle vient et s’étonne De voir les bois déserts. Avec les hirondelles, Ses amis infidèles Avaient fui par les airs.
Et, tout l’hiver, la fée, D’herbe morte coiffée, Et comptant les instants, Sous les forêts immenses Compose des romances Pour le prochain printemps.