Versos French Armand Silvestre Les Sources

French poem

Les Sources

by (1837–1901)

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Errant sous le dôme emperlé Des verdures ensommeillées ; Parfois, au sortir des feuillées, L’œil clair des sources m’a troublé.

— L’eau regarde : — et l’aurore éveille, Dans ce regard lent et discret, Comme l’étonnement secret D’un jeune esprit qui s’émerveille.

Comme en un rêve de candeur, L’eau regarde, et l’étrange flamme Des choses qui viennent d’une âme Illumine sa profondeur.

L’œil des sources est plein de larmes Et plein de reproches perdus, Et des remords inattendus S’y reflètent comme des armes

Le long d’un bouclier d’argent : — La Vie est là qui, solennelle, Attend et darde sa prunelle Fixe sur le monde changeant !

— La Vie aux éléments rendue Par les héritiers du limon, Foule sans yeux, foule sans nom, Sous l’éternité descendue.