French poem
Mystère
by Armand Silvestre (1837–1901)
Je veux que le matin l’ignore Le nom que j’ai dit à la nuit, Et qu’au vent de l’aube, sans bruit, Comme une larme il s’évapore.
Je veux que le jour le proclame L’amour qu’au matin j’ai caché, Et, sur mon cœur ouvert penché, Ainsi qu’un grain d’encens l’enflamme.
Je veux que le couchant l’oublie Le secret que j’ai dit au jour Et l’emporte, avec mon amour, Aux plis de sa robe pâlie !