French poem
Vertige
Qu'est-ce pour nous, mon cœur, que les nappes de sang Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris De rage, sanglots de tout enfer renversant Tout ordre; et l'Aquilon encor sur les débris;
Et toute vengeance?--Rien!... Mais si, toute encore, Nous la voulons! Industriels, princes, sénats: Périssez! Puissance, justice, histoire: à bas! Ça nous est dû. Le sang! le sang! la flamme d'or!
Tout à la guerre, à la vengeance, à la terreur. Mon esprit! tournons dans la morsure: Ah! passez, Républiques de ce monde! Des empereurs, Des régiments, des colons, des peuples: assez!
Qui remuerait les tourbillons de feu furieux, Que nous et ceux que nous nous imaginons frères? À nous, romanesques amis: ça va nous plaire. Jamais nous ne travaillerons, ô flots de feux!
Europe, Asie, Amérique, disparaissez. Notre marche vengeresse a tout occupé, Cités et campagnes!--Nous serons écrasés! Les volcans sauteront! Et l'Océan frappé...
Oh! mes amis!--Mon cœur, c'est sûr, ils sont des frères! Noirs inconnus, si nous allions! Allons! allons! Ô malheur! je me sens frémir, la vieille terre, Sur moi de plus en plus à vous! la terre fond.
***
(Ce n'est rien: j'y suis; j'y suis toujours.)