French poem
08 (J’aime fort ta légende, ô bon…)
by Auguste Barbier (1805–1882)
J’aime fort ta légende, ô bon André Sarto ! Elle dit qu’un jour, las de ne pouvoir atteindre À l’idéal des traits que tu désirais peindre, La Vierge et son doux bambino, Tu t’endormis auprès de ton œuvre incomplète ; Mais la mère du Christ, témoin de ton ardeur, Quitta soudain les cieux pour prendre ta palette, Et durant ton sommeil acheva ton labeur. Bien des gens souriront à cette étrange histoire ; Mais qu’ils voient comme moi ton travail enchanteur ! Il est si pur, si plein de grâce et de fraîcheur, Qu’ils seront comme moi, ma foi, bien près d’y croire.