French poem
À la mémoire de Georges Farcy
by Auguste Brizeux (1803–1858)
Oui ! toujours j’enviai, Farcy, de te connaître, Toi, que si jeune encore on citait comme un maître, Cœur tendre, qui d’un souffle, hélas ! t’intimidais, Attentif à cacher l’or pur que tu gardais ! Un soir, en nous parlant de Naple et de ses grèves, Beaux pays enchantés où se plaisaient tes rêves, Ta bouche eut un instant la douceur de Platon ; Tes amis souriaient, lorsque, changeant de ton, Tu devins brusque et sombre, et te mordis la lèvre, Fantasque, impatient, rétif comme la chèvre ! Ainsi tu te plaisais à secouer la main Qui venait sur ton front essuyer ton chagrin. Que dire ? Le linceul aujourd’hui te recouvre ; Et, j’en ai peur, c’est lui que tu cherchais au Louvre. Paix à toi, noble cœur ! Ici tu fus pleuré Par un ami bien vrai, de toi-même ignoré ; Là-haut, réjouis-toi ! Platon parmi les ombres Te dit le Verbe pur, Pythagore, les Nombres.