French poem
La Chanson du Cloutie
by Auguste Brizeux (1803–1858)
Depuis que je demeure au bourg J’entends le marteau du cloutier.
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Regardez ses bras nus et noircis Retourner le fer en tous sens.
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Le beau soleil, il ne le voit jamais ; Toujours le charbon et le feu rouge de la forge !
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Pour élever ses pauvres enfants Chaque jour il fait des clous par centaines.
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Les autres s’en vont aux Pardons ; Lui, il reste à faire ses clous.
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Petits clous et clous à tête. Oh ! combien de fer pour un sou !
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Seulement le dimanche il chôme Afin d’assister à la messe.
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Rarement le cabaretier Voit dans son cabaret le cloutier.
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !
Que saint Eloi et Dieu bénissent, Oui, qu’ils bénissent cet ouvrier !
Tout le jour, toute la nuit, il frappe ! Son marteau frappe toujours !