French poem
Le Jardin
by Auguste Brizeux (1803–1858)
À M. Jean le Bec, instituteur
Sur l’air : Théophile. Devant un riant jardin dont la porte était entr’ouverte, Une vieille parlait ainsi, debout sur le seuil : « C’est ici qu’il y a des fleurs, mon Dieu ! et des fruits ! Des choses bonnes à manger et aussi à sentir !
« Je connais un autre jardin, hélas ! un petit jardin noir : Le maître, quand je viendrai, ouvrira aussitôt ; Pour y dormir sans bruit j’aurai une place profonde ; Un riche à mon côté peut-être s’étendra. »
Or, un sage se promenait alors dans le jardin : « Pourquoi, ma vieille mère, restez-vous à la porte ? Venez dans mon jardin, venez ! Je suis le maître. Vieille mère, mangez des fruits et respirez des fleurs. »