French poem
Marie
by Auguste Brizeux (1803–1858)
Cueillant des lucets noirs pour cette brune enfant, J’errais un jour d’été sous la forêt ombreuse, Comme elle enfant joueur, mais près d’elle rêvant :
Sur la mousse et les fleurs et sur l’herbe nombreuse, Quand ses pieds nus laissaient leur trace, bien souvent Amoureux je passais sur la trace amoureuse ;
Un ruisseau descendait vers l’étang de Ker-Rorh : Son beau front, entouré d’une tresse de laine, Brilla dans ce miroir, et mes yeux vers la plaine Suivaient l’onde emportant, joyeuse, mon trésor ;
Dans l’air un jeune oiseau lança ses notes d’or, Sa voix lui répondit claire, argentine et pleine, Et moi, pour aspirer cette vibrante haleine, J’accourus… Dans mon cœur, ah ! je l’aspire encor !