French poem
« Quand on est plein de jours »
by Auguste Brizeux (1803–1858)
Quand on est plein de jours, gaîment on les prodigue ; Leur flot bruyant s’épanche au hasard et sans digue ; C’est une source vive et faite pour courir, Et qu’aucune chaleur ne doit jamais tarir ; Pourtant la chaleur vient, et l’eau coule plus rare ; La source baisse ; alors le prodigue est avare : Incliné vers ses jours comme vers un miroir, Dans leur onde limpide il cherche à se revoir ; Mais, en tombant, déjà les feuilles l’ont voilée, Et l’œil n’y peut saisir qu’une image troublée.