French poem
Liii
by Auguste Dozon (1822–1890)
Un faucon vole au-dessus de Saraïevo, il cherche de l'ombre pour y prendre le frais. Il trouve un pin au milieu de Saraïevo: sous le pin est une fraîche fontaine, au bord de la fontaine une veuve, Zoumboul, et une fille, la gentille Roujitza, le faucon commence à songer, s'il aimera Zoumboul, la veuve, ou Roujitza, la gentille vierge. A tout il songe, puis il prend une résolution, et tout bas il dit: «Mieux vaut l'or, même un peu abîmé, que l'argent récemment forgé;» et il donne un baiser à Zoumboul, la veuve, vive est la colère de Roujitza, la fillette: «Saraïevo, puisses-tu fleurir sans donner de fruits! pourquoi la coutume en toi est-elle née, que les jeunes courtisent les veuves, et les froids vieillards les belles vierges?»