French poem
Chant Triste
Un coulomb pleure sous les feuilles... Pas un cœur généreux qui m’accueille Et qui m’empêche de souffrir, Ou me montre, dans l’avenir, Un coin d’horizon bleu! Pas un cœur tendre qui me dise: «Peut-être t’aimerai-je un peu!» ... Si je voyais, sur la mer grise, Une île verte, Tout aussitôt, mon âme ouverte Fleurirait, Un parfum frais En monterait dans l’air de l’aube! Alors, la bête à son réveil, l’oiseau qui rôde Et les abeilles en maraude, Viendraient me dédier leurs grâces et leurs laudes, En les murmurant tour à tour... Mais pas un cœur ne veut m’aimer! pas un cœur n’ose Pleurer près de moi, même en fraude! ... Et le coulomb pleure toujours.