French poem
Faune Simple
Non, ne lui prêtons pas de pensées Abstruses, pour lui farcir la tête: Cette heure est, maintenant bien passée. Point de discours Chargés de sens, qui gâteraient la fête Agreste de ses jours... Que j’aime mieux le voir, grattant sa toison brune, Adossé à ce chêne où filtre un peu de lune! Regardez-le: sa lippe s’exagère; Il a jeté sa flûte à terre, Il écoute, sans mystère, Le babil du vent disert Qui frise l’eau; Il se cambre parfois, les mains aux hanches, Le souffle court, les yeux mis-clos, Sous le dôme humide des branches, Pour aiguiser nerveusement ses cornes torses, Le long des sillons de l’écorce. Vers l’aube, il chantera d’une voix adoucie, Sans faire aucune prophétie.