French poem
La Part Du Ruisseau
Que le ruisseau prenne ce qu’il lui plaît De prendre... Je m’en moque! Qu’il prenne le chiffon d’âme, la loque D’un caractère qui fut noble, le portrait Parodique De la beauté, la mélancolie aux attraits Littéraires, les esclaves de la musique Ou des grands mots, victimes Du vent pernicieux qui souffle sur les cimes. Permettez au ruisseau de prendre ce qu’il veut: Les serments trop sonores, les vœux Trop sublimes; Qu’il prenne ceux qu’animent La jalousie ou le mépris; Qu’il garde, en plus, ce que d’avance il avait pris: Ce qui naît de l’ennui Après jouir et boire; Qu’il prenne le laurier des faciles victoires Et, surtout, ce qui semble être d’or, Mais qu’il ne tente pas de salir un cœur fort.