French poem
Le Cri Du Violon
Je voudrais entendre une danse hongroise Qu’un cymbalum et des violons me joueraient, Cachés dans un bosquet auprès D’un bassin vert, je crois que la douleur sournoise Qui rôde et rampe autour de moi mourrait bientôt, Percée au cœur d’un javelot Sonore, Au début de la danse, et néanmoins j’ignore Tout au juste pourquoi. --Mon souvenir a-t-il, peut-être, fait le choix De cette mélodie aux durs accords, Un soir que je longeais le quai sombre d’un port, Au lever de la lune pleine, Et que je fus m’asseoir dans un café de nuit Pour y bercer ma peine? On y buvait, on y chantait, sous la lumière Acide d’un grand lustre, mais le bruit Ne pouvait effacer par sa clameur vulgaire La voix du violon, et ma douleur s’enfuit A ce cri déchirant... Oh! le sublime cri!