French poem
Pour Les Morts
On ne saurait donner de trop belles louanges A ceux que l’on aime et qui vivent, Mais, quand ils ont changé de rive, Le mensonge pieux, par une ruse étrange, Fait qu’on ne les reconnaît plus. --Si vous l’avez beaucoup aimé, très bien connu, Beaucoup pleuré, ne modelez pas dans la cire Ce cher visage disparu; Quand vous voudrez le voir sourire, Conservez-le tel qu’il fut. --Les morts vont vite, a-t-on dit... Ceux-là seuls que l’on a détruits En faisant d’eux Des dieux. Les autres restent des amis, Non point morts, à peine assoupis. Regardez-les dormir, Dessinez de leurs traits des images précises, Car seul un souvenir Juste les éternise.