French poem
Une Dame Aux Cheveux Fauves
Ses cheveux étaient d’un blond roux, Chaud, mais très doux, Dans l’ombre; son regard Errait au hasard, De la plus frêle fleur à la plus folle vague, Et n’exprimait jamais rien Qu’un ennui vague, Sauf quand elle sentait un lien La retenir; Alors, en ce regard, passait un tel désir D’indépendance Qu’on hésitait, qu’on avait peur. --Je l’aimais tendrement, de toute l’imprudence D’un pauvre cœur. Souvent elle s’en étonnait, disant: «Je t’aime D’autre façon; pourquoi ces soins extrêmes Que tu mets à m’émouvoir?» Je répondais: «C’est pour te rendre Un peu plus proche, un peu plus tendre.» Elle est partie, à pas de loup, ce soir.