Versos French Auguste Lacaussade 15 (Quand des cloches du soir la…)

French poem

15 (Quand des cloches du soir la…)

by (1815–1897)

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Quand des cloches du soir la voix mélancolique Rappelle à sons plaintifs, sous leur chaume rustique, Le pâtre et ses troupeaux dans les champs dispersés ; De mes ans révolus le souvenir s’éveille ; Et dans les voix du soir je crois prêter l’oreille À la voix de mes jours passés.

Où sont mes jeux d’enfant ? craintives hirondelles, Vers des climats d’azur ouvrant leurs faibles ailes, Avec mes beaux printemps ils se sont envolés ; Ils ont craint des hivers les haleines trop rudes… Oh ! revenez parfois peupler mes solitudes Doux fantômes des jours passés !

Où sont mes compagnons d’amour et de jeunesse ? Le ciel qui les aimait a trahi sa promesse ; Les meilleurs dans la mort reposent embrassés ; De ceux qui restent l’âme est oublieuse et fière… Rappelez à mon cœur leur tendresse première Douces voix de mes jours passés !

Où donc est cette enfant toute blonde et naïve Que j’aimais jeune encor d’une amitié si vive ? Du sentier des douleurs ses pas sont effacés ; Et des cloches du soir, dans ta sombre demeure, Tu n’entends plus la voix qui vibre et qui te pleure, Doux sylphe de mes jours passés !

Ô cloche, qui jadis, comme une sainte mère, Me rappelais la nuit pour dire ma prière ; Quand la chaleur fuira de mes membres glacés, Que ton accent plaintif m’arrive et me console ; Au ciel avec tes sons que mon âme s’envole, Douce voix de mes jours passés !