French poem
Contre l’Or
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Quand l’or me fuit, et souvent ce perfide Aux plaisirs décevants Bien loin s’envole, et son aile est rapide Comme l’aile des vents ; Jamais alors, jamais ma voix n’invite Le traître à revenir : Mon ennemi fuit le toit que j’habite, Pourquoi le retenir ? Des vains soucis sa fuite me délivre. Les semant par les airs, Je prends ma lyre et mon esprit s’enivre A la coupe des vers. Mais quand il voit quel dédain ma sagesse A pour ses dons changeants, Il me revient, l’infidèle, il me presse D’accueillir ses présents. Non ! loin d’ici, trompeur fertile en ruses, Loin de moi pour toujours ! A tous les biens je préfère les Muses, Ma lyre et mes amours.