French poem
Hoc erat in votis
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Sous le tranquille azur du plus doux des climats, Une humble maisonnette au bord de la Dumas ; Une humble maisonnette aux persiennes blanches, Sous un réseau fleuri de liane et de branches, Où je puisse, à midi, rêvant au bruit des eaux, Mêler ma poésie aux rimes des oiseaux ; A droite, une rizière où le bengali chante ; D’un vieil arbre, à mon seuil, l’attitude penchante, Où, tous les ans, viendront les martins au bec d’or Suspendre leurs doux nids et couver leur trésor ; Un jardin clos d’un mur où rampe la raquette ; Une ruche et des fleurs dont l’oiseau vert becquette La poudreuse étamine et l’odorant émail ; Des buissons d’orangine aux perles de corail ; Un parterre où toujours j’aurai de préférence, Des roses du Bengale et des muguets de France ; Une tonnelle verte à l’ombre des lilas, Dont la fleur m’est si douce et meurt si vite, hélas ! Des livres, une femme, heureuse et jeune épouse, Avec deux beaux enfants jouant sur la pelouse ; Et, fermant de mes jours le cercle fortuné, Le bonheur de mourir aux lieux où je suis né !