French poem
La Vendange
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Les jeunes vendangeurs, les belles vendangeuses Sur leur tête aux boucles soyeuses Portent à pleins paniers et versent aux pressoirs Les lourdes grappes aux grains noirs. Les hommes foulent seuls le fruit pourpré des treilles. Le vin jaillit ; leurs chants retentissent en chœur, Joyeux qu’ils sont de voir dans les cuves vermeilles Bouillonner la rouge liqueur. Le vieillard en boit-il, regardez comme il danse Allègre avec des pieds tremblants ! De Bacchus qui ruisselle il fête l’abondance, Et Zéphire se joue avec ses cheveux blancs. Le jeune homme à l’ardente ivresse Voit sous la vigne ombreuse où, prise de sommeil, Sur son beau flanc repose à l’abri du soleil La vierge que son œil caresse. Furtif, il s’approche, il la presse D’accorder à l’amour les dons chers à l’hymen. Vainement la vierge confuse Résiste ; il sait ravir, aidé du Dieu du vin, Les dons que la pudeur refuse ; Car avec la jeunesse aux désirs orageux Bacchus mêle souvent la licence à ses jeux.