French poem
Le Soldat
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
On marche aux sons voilés du tambour. Sur la plaine Le soleil luit ; l’oiseau vole au bord du chemin. Oh ! que n’ai-je son aile ! oh ! que la vie est pleine De tristesse ! Mon cœur se brise dans mon sein.
Au monde je n’aimais que lui, mon camarade, Que lui seul, et voici qu’on le mène à la mort. Pour le voir fusiller défile la parade ; Et c’est nous, pour tirer, nous qu’a choisis le sort.
On arrive : ses yeux contemplent la lumière De ce soleil de Dieu qui monte dans le ciel… Mais d’un bandeau voici qu’on couvre sa paupière : Dieu clément, donnez-lui le repos éternel !
Nous sommes neuf en rang, déjà prêts sous les armes. Huit balles l’ont blessé ; la mienne, — de douleur Leurs mains tremblaient, leurs yeux visaient mal sous les larmes, — La mienne l’a frappé juste au milieu du cœur.
Imité de l’allemand.