French poem
Phelly la blonde
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
DUO
I Bienheureuse cette heure, et bienheureux ce jour Où sous les bouleaux verts, près de la rive humide, Mon jeune cœur fut pris à ta beauté timide, Phelly la blonde, ô mon amour !
II Bénis l’heure et le bois, la grotte à l’eau furtive, Où, les regards baissés devant toi, mon vainqueur, Ivre de tes aveux, je me taisais, craintive, Pour écouter parler ton cœur !
I L’oiseau, poète ailé de la saison nouvelle, Plus tendre chaque jour, chante au sommet des bois : Telle et plus tendre encore à mon âme est ta voix, Blonde Phelly, ma douce belle !
II Comme une jeune rose au front de l’églantier Plus suave à chaque heure ouvre sa fleur naissante, Telle en mon sein, pour toi qui l’emplis tout entier, Fleurit ma tendresse croissante.
I Les chauds regards du ciel, les gais soleils d’été, Souriant dans l’azur à la moisson dorée, Sont moins doux à mes yeux que ta tête adorée, Phelly la blonde, ô ma beauté !
II La rapide hirondelle, au loin perçant la nue, Annonce les jours clairs et le printemps fleuri ; Mais à mes yeux combien plus douce est ta venue, Toi de mon cœur l’oiseau chéri !
I Aux heures du soleil, de miel ivre et de flamme, Le papillon s’endort dans le lys argenté : Ma lèvre sur ta lèvre a bu la volupté, Blonde Phelly, fleur de mon âme !
II Aux heures du silence et du soir embaumé, Quand la rose des nuits ouvre au zéphyr sa feuille, Ton souffle est plus suave, ô mon doux bien-aimé, Que la senteur du chèvrefeuille.
I Aux largesses du sort chacun rêve à son tour : L’un aspire à la gloire, et l’autre à la fortune. Mon ciel n’a qu’une étoile, et ma pensée est une, Et c’est Phelly, ma blonde amour !
II Que sont les biens du monde et tout l’or de la terre ? La mouche au bleu corsage a plus de prix pour moi. Oh ! mon bien le plus doux, ma gloire la plus chère, C’est toi, mon bien-aimé, c’est toi !
Imité de Burns.