French poem
Sur la bonne Vie
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Pourquoi m’enseigner des rhéteurs La verbeuse et vide éloquence ? Que m’importe à moi la science Et l’art des sophistes menteurs ! Enseignez-moi plutôt à boire La grappe chère à Lyæus, A folâtrer avec Vénus Aux boucles d’or, aux bras d’ivoire ! Le front couvert de cheveux blancs, Je sens déjà le poids des ans : Jouissons de l’heure éphémère ! Enfant, d’un vin que l’eau tempère Emplis ma coupe jusqu’aux bords ! Enivre mon âme et l’endors ! Bientôt cette coupe légère, Où chante l’essaim des plaisirs, Sera pour moi vide et muette : D’un linceul couvre alors ma tête ! Les morts reposent sans désirs.