Versos French Caroline Rudolphi 2

French poem

2

by (1753–1811)

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Quand je veille, je pense à toi, — À toi, Seigneur, qui règles le jour et la nuit — et qui, à l’heure de l’ombre — revêts la pâle lune — des clartés du soleil.

C’est une lumière royale — qui tombe des lointains incommensurables ; — et, sans nombre, comme les sables au bord de la mer — les étoiles l’auréolent.

Quelle magnificence partout se répand ! — L’obscurité, trouée de clartés — nous regarde — et révèle ton nom à notre face.

Ô Créateur du soleil ! que tu nous apparais grand — dans le plus petit de tes astres, — grand d’une grandeur que nul mot ne peut traduire !

Les étoiles du matin te louent — dans un chœur intime, — à l’heure où, du fond des ténèbres — un mot de ta bouche toute-puissante — fait éclore leur monde, dans la voûte du firmament.

Elles brillent, toujours pleines d’éclat, de jeunesse

comme si des siècles, déjà, depuis leur création ne s’étaient pas écoulés. — L’évolution du temps ne ravit rien à la splendeur de leur front.

Quand nous voyons dans le sombre néant — un cher rayon disparaître, — oh ! ne plaignons pas la lumineuse étoile ! Elle repose dans sa patrie.

Reste indifférent aux troubles d’alentour, — mon cœur, et n’aie pas peur. — Sois calme comme le rocher du rivage — contre lequel se brisent les vagues.

En te séparant de Celle pour qui tu vis — le sort t’est cruel. — Sois paisible, mon cœur ; tu portes — en toi ta souffrance et ton bonheur.

Elle reste ta part et ton bien, — aussi loin qu’elle soit de toi. — Qui peut ravir ce qu’avec la fermeté du roc — un cœur aimant enferme en lui ?

Véritablement, au plus profond de toi, — ton amour est un Joyau solide et pur. — Si même tu devais tout abandonner, — lui, le fidèle amour, seul, resterait.

Il est ta consolation, il est ta lumière. — Quand tout te délaisse, — quand tout faiblit, et tombe et se brise, — lui, demeure éternellement.