French poem
La Parisienne
by Casimir Delavigne (1793–1843)
Peuple français, peuple de braves, La liberté rouvre ses bras ! On nous disait : Soyez esclaves, Nous avons dit : Soyons soldats ! Soudain Paris, dans sa mémoire, A retrouvé son cri de gloire :
En avant, marchons contre leurs canons, À travers le fer, le feu des bataillons, Courons à la victoire !
Serrez vos rangs, qu’on se soutienne. Marchons : chaque enfant de Paris De sa cartouche citoyenne Fait une offrande à son pays. Ô jour d’éternelle mémoire ! Paris n’a plus qu’un cri de gloire :
En avant, marchons contre leurs canons, À travers le fer, le feu des bataillons, Courons à la victoire !
La mitraille en vain nous dévore Elle enfante des combattants ; Sous les boulets voyez éclore Ces vieux généraux de vingt ans. Ô jour d’éternelle mémoire ! Paris n’a plus qu’un cri de gloire :
En avant, marchons contre leurs canons, À travers le fer, le feu des bataillons, Courons à la victoire !
Pour briser leurs masses profondes, Qui conduit nos drapeaux sanglants ? C’est la liberté des deux mondes, C’est La Fayette en cheveux blancs Ô jour d’éternelle mémoire ! Paris n’a plus qu’un cri de gloire :
En avant, marchons contre leurs canons, À travers le fer, le feu des bataillons, Courons à la victoire !
Les trois couleurs sont revenues, Et la colonne, avec fierté, Fait briller à travers les nues L’arc-en-ciel de sa liberté.
Ô jour d’éternelle mémoire ! Paris n’a plus qu’un cri de gloire :
En avant, marchons contre leurs canons, À travers le fer, le feu des bataillons, Courons à la victoire !
Soldats du drapeau tricolore D’Orléans ! toi qui l’as porté, Ton sang se mêlerait encore À celui qu’il nous a coûté ; Comme aux beaux jours de notre histoire, Tu redirais ce cri de gloire :
En avant, marchons contre leurs canons, À travers le fer, le feu des bataillons, Courons à la victoire !
Tambours, du convoi de nos frères Roulez le funèbre signal, Et nous, de lauriers populaires Chargeons leur cercueil triomphal. Ô temple de deuil et de gloire, Panthéon, reçois leur mémoire.
Portons-les, marchons, découvrons nos fronts Soyez immortels, vous tous que nous pleurons Martyrs de la gloire !