French poem
Sonnet[40]
Lorsque de volupté s'alanguissent tes yeux, Tes yeux noirs flamboyants de panthère amoureuse, Dans ta chair potelée, et chaude, et savoureuse, J'enfonce à belles dents les baisers furieux.
Je suis saisi du rut sombre et mystérieux Qui jadis transportait la Grèce langoureuse, Quand elle contemplait, terre trois fois heureuse, L'accouplement sacré des Hommes et des Dieux.
Puis, sur mon sein brûlant, je crois tenir serrée Quelque idole terrible et de sang altérée, A qui les longs sanglots des moribonds sont doux,
Et j'éprouve, au milieu des spasmes frénétiques, L'atroce enivrement des vieux Fakirs hindous, Les extases sans fin des Brahmes fanatiques.
[Sur l'album de Mme Émile Chevalet.]
Au milieu de la foule, errantes, confondues, Gardant le souvenir précieux d'autrefois, Elles cherchent l'écho de leurs voix éperdues, Tristes comme le soir deux colombes perdues Et qui s'appellent dans les bois.
* * *
Je vis, et ton bouquet est de l'architecture: C'est donc lui la beauté, car c'est moi la nature; Si toujours la nature embellit la beauté, Je fais valoir tes fleurs... me voilà trop flatté.