Versos French Charles Le Goffic Alésia

French poem

Alésia

by (1863–1932)

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À lutter contre toi d’où vient que je m’obstine, Ô sang celte qui bats en ma veine latine, Si, pour rendre à ton flot sa native âcreté, Il m’a suffi de voir au fond du crépuscule, Comme au fond d’un immense et brumeux ergastule, La lune d’août ouvrir son œil ensanglanté ?

Entre les fûts des pins qui rayaient son orbite Et semblaient les barreaux d’une herse subite Que l’on eût abaissée aux deux côtés du rail, Tandis que nous roulions vers la Ville Éternelle, Elle collait sa rouge et tragique prunelle, Comme un Gaulois blessé derrière un soupirail.

Et j’ai senti que Rome et la molle Italie Et Florence, où l’automne est sans mélancolie, Et Baïes, dont tout cœur d’amant s’extasia, Dans mon âme d’un soir s’étaient soudain voilées Et qu’en elle un vaincu des anciennes mêlées Pleurait encor, pleurait toujours Alésia.