Versos French Charles Le Goffic Sérénade

French poem

Sérénade

by (1863–1932)

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Allez, mes vers, de branche en branche, Vers la dame des Trawiéro, Qu’on reconnaît à sa main blanche Comme la moelle du sureau.

Elle est assise à sa croisée, Devant la digue des Étangs : Vous lui porterez ma pensée Sur vos ailes couleur du temps.

Comme le soir vous favorise Et que, dans le genêt touffu, Pour épier votre entreprise, Aucun barbon n’est à l’affût,

Elle vous répondra peut-être Et se taira peut-être aussi. Frappez toujours à sa fenêtre, Mes vers, et n’en prenez souci.

Les Lycidas et les Silvandres Vous le diront, ô soupçonneux : Il est des silences si tendres Qu’on voudrait se blottir en eux

Et là, sans un mot, sans un geste, Près d’un sein qui bat dans la nuit, Goûter l’enchantement céleste De mourir à tout autre bruit