French poem
Xliii
Dames d'onneur, gardez voz renommées, Pour Dieu mercis eschevez le contraire De bon renom, que ne soyés blasmées; Ne vueillez point acointances attraire Telles, qu'on puist recorder ne retraire Par voz maintiens qu'ayez legiers les cuers, Ne qu'en nul cas vous daignissiez meffaire, Et ne croyez flajolz de decepveurs.
Car pou vous vault cuidier bien estre amées D'ommes pluseurs, de recepvoir salaire De mauvais loz, par parolles semées En divers lieux, qu'il eust en vostre affaire Legiereté; sy vous est neccessaire D'avoir recort toudis des deshonneurs, La ou cheoir on puet par foulour faire, Et ne croyez flajolz de decepveurs.
Or soyés dont de parfait scens armées Contre ceulx, qui tant taschent a soubztraire L'onneur de vous, et de qui diffamées Estes souvent sans cause, et pour vous plaire Font le courtoys; et je ne m'en puis taire, Car j'en congnois et sçay de telz vanteurs Qui vous flattent; vueillez vous ent retraire Et ne croyez flajolz de decepveurs.
Chieres dames, ne vous vueille desplaire, Se je vous lo a garder des flateurs Qui ne taschent qu'a voz honneurs deffaire, Et ne croyez flajolz de decepveurs.