French poem
Complainte en rondeau de Denis, roi de la fève, sur les embarras de la royauté
by Denis Diderot (1713–1784)
Quand on est roi, l’on a plus d’une affaire, Voisins jaloux, arsenaux à munir, Peuple hargneux, complots à prévenir, Travaux en paix, dangers en guerre, Ma foi, je crois qu’on ne s’amuse guère Quand on est roi.
Roi tout de bon ; car, d’un roi, pauvre hère Comme il en est, j’aime assez le métier ; J’en ai tâté pendant un jour entier. Ce jour-là je fis grande chère ; Je ris, je bus, tout alla bien ; Car il est un Dieu tutélaire Par lequel on fait tout sans se douter de rien, Quand on est roi.
J’eus des courtisans véridiques ; En dormant j’achevai des exploits héroïques ; Fameux à mon réveil, j’occupai l’univers ; Vraiment, je fis des lois, je les fis même en vers. En vers mauvais ; qui vous dit le contraire ? Certain marquis D’un goût exquis Les trouva tels, sans me déplaire. Il eût, pour prix de sa sincérité, Sous un autre Denis perdu la liberté ; On peut aux gens de bien accorder ce salaire, Quand on est roi.
Pour moi, je n’en fis rien ; car je suis débonnaire, À votre avis, pourquoi me serais-je fâché ? Vers et prose de roi sont mauvais d’ordinaire, Et ce n’est pas un grand péché ; C’est le moindre qu’on puisse faire, Quand on est roi.
AUX DAMES. Vos yeux, depuis longtemps, m’ont appris à connaître Que le destin nous a fait naître Moi, pour servir, vous, pour donner la loi. Qui veut d’un roi qui cherche maître ? Personne ici ne dira-t-il : C’est moi ?
César, fils de Henri, le miracle du monde. Va rendre compte au Vatican .......... De ta sincérité fardée, Des Angloys qui n’ont point de pain, Que tu laisses mourir de faim ; Et de leur reine désolée De ses bagues par toi volées.