French poem
Arma virumque
by Edmond Haraucourt (1856–1941)
à jules barbey d’aurevilly
Orgueil ! Cuirasse d’or, casque d’airain poli ; Armure surhumaine à la taille de l’homme ; Heaume fait de dédains, de pardons et d’oubli ; Flamme qui luis dans l’œil des Fiers, dès qu’on les nomme !
Baudrier de la foi ! Virilité du cœur ! Orgueil, consolateur fraternel du génie, Qui fis Satan vaincu plus grand que Dieu vainqueur ! Baume dans le combat, chrême dans l’agonie !
Intime avènement des gueux qui sont nés rois ! Lumière astrale, aux fronts divins souillés d’insultes ; Nimbe étoilé des saints et des martyrs en croix ; Orgueil, bourreau du doute et réconfort des cultes !
Béni sois-tu, péché plus beau que la vertu, Toi qui venges les Forts de la force du nombre : Géant maudit des nains, Orgueil, béni sois-tu, Toi qui pleus des soleils sur l’envie et sur l’ombre !