French poem
Calymanthe
by Edmond Haraucourt (1856–1941)
Calymanthe, l’enfer te ronge, Calymanthe, L’enfer intérieur de ton propre désir… Ah ! Sisyphe des sens, Tantale du plaisir, Corps martyr et bourreau qui souffre et qui tourmente !
Tends tes bras, tends tes seins, fauve et lugubre amante ! Dis sous quels flancs tes flancs ont rêvé de gésir, Dis vers quelle caresse impossible à saisir Tu tords les spasmes veufs de ta lèvre écumante !
Bacchus seul a dompté les tigres d’Ancyra : Tu peux hurler vers eux, rien ne te répondra. Meurs donc ! Il faut mourir d’avoir voulu trop vivre !
Brusque, elle s’est levée, elle entend ; fou d’espoir, Son cœur tremble, le sang tourne dans sa tête ivre : La voix des lions roux gronde dans l’or du soir.