Versos French Edmond Rostand Iv

French poem

Iv

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Et le Chœur, à voix plus basse, Chantait: «Nous étions si beaux! Ce sont des copeaux de grâce Qui s’en vont sous vos rabots!»

Le Chœur chantait: «La merveille Du beau mot mystérieux, C’est qu’on le lit de l’oreille Et qu’on l’écoute des yeux!

«Ce sortilège est le nôtre Que si, de nos deux beautés, Vous ôtez l’une, c’est l’autre Que peut-être vous ôtez!

«Tant pis pour qui, sans extase, Nous suit sur les parchemins Quand pour nouer une phrase Nous nous prenons par les mains!

«Pour obéir à nos maîtres, Pour être émus ou distraits, Nos doux visages de lettres Ont besoin de tous leurs traits!

«Ah! laissez-nous--double fièvre D’une vie en deux frissons!-- Dans le livre et sur la lèvre Être beaux de deux façons;

«Car sur la lèvre on s’enivre Du souffle ardent qu’on reçoit; Mais ce n’est que dans le livre Qu’on se sent aimé pour soi!...

«Toi qui, semant l’épouvante, Viens, ô Simplificateur, Vers la Rose de l’Infante Avec un gros sécateur,--

«Pour que Houdon, sous les arbres, S’exprime en espéranto, Va simplifier les marbres Avec un petit marteau!»