Versos French Edmond Rostand La Branche

French poem

La Branche

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Cette branche pendante et gracile de saule, Qui vibre parce que l'eau vibrante la frôle, Ayant voulu sans doute écouter de plus près Ce que dit le ruisseau dans son tumulte frais, Se pencha, d'une souple inflexion de tige, Un peu d'abord, puis trop,--maladresse ou vertige! Et l'eau, par une feuille, en courant, la retint: Si bien qu'elle, à présent, dont c'était le destin De vivre, avec toujours le même geste calme, Dans l'azur, d'une vie indolente de palme, Elle doit s'agiter sans cesse, trembloter. Sangloter quand il plaît à l'eau de sangloter. Se secouer gaîment si l'eau devient rieuse, Et s'épuiser en longs émois, la curieuse, Qu'estiment bien punie alors ses vertes soeurs, Mais qui n'a nul regret des tranquilles douceurs, Mais qui secrètement les raille et les méprise, Mais qui se sent, malgré le courant qui la brise, Et l'affole, et malgré l'implacable ruisseau Qui ne lui fait jamais grâce d'un seul sursaut, Heureuse d'être celle avec qui communique Le flot, et de savoir ce qu'il dit, elle unique!