French poem
Il a duré moins qu’une fleur…
by Édouard Dubus (1864–1895)
Il a duré moins qu’une fleur dans votre main, Ce voyage entrepris à l’aventure, ensemble, Vers un ciel d’éternel printemps qui vous ressemble : Me voilà seul et j’ai perdu votre chemin.
Mais je vous chante au fond des forêts, où m’écoute Seul le chœur étonné des Faunes, et tandis Que je leur dis et leur redis nos paradis Le Regret obscurcit mes regards goutte à goutte.
Alors donnant l’empire à mes yeux immortels Par delà l’horizon de cette humaine vie, Un bon Ange apparaît soudain, qui me convie À voir mes songes incarnés de doux pastels.
Et je vous ai sans nos poussières de la terre, Sans les tentations dont le règne est puni, Pure évocation d’un silence infini Irradiant tous les mirages du mystère.